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Musique médiévale
Jacques Viret
Ref : Par_Bamum
Le millénaire médiéval est en musique un Janus à deux visages : l´un de tradition, l´autre de modernité ; l´un, ouvert au monde, l´autre, replié sur l´Occident. En amont, la monodie grégorienne regarde vers le passé - ou l´intemporalité - de la tradition : venue d´Orient, elle ne sera notée que tardivement et aura, jusque vers 1300 et au-delà, d´importants prolongements, tant liturgiques que profanes. En aval, la polyphonie, bouture poussée sur le tronc grégorien, utilise l´écriture pour se rationaliser et amorcer, depuis l´an mil, une évolution d´où naîtra, à l´avènement des Temps modernes, notre "musique classique". Chant liturgique, écriture et polyphonie sont l´affaire des clercs. En marge de la pratique, ces derniers s´adonnent à une réflexion théorique héritée de l´ancienne philosophie pythagoricienne : en l´Harmonie - musicale, cosmique -, ils admirent l´immanence du Nombre, principe d´une beauté qui est sagesse. D´autre part, au château ou sur la place publique, le jonglillettré chante de mémoire et d´oreille les vers d´une canso troubadouresque ou d´une geste épique, quand il ne scande pas sur sa vide un joyeux air de danse. Comme le chantre à l´église, il s´approprie la consonance, dont, au Ciel, l´"harmonie des sphères" et les hymnes angéliques recèlent la quintessence
Dans ce B.A.-BA de la musique médiévale, l´auteur, musicologue universitaire, dépasse l´optique bornée d´un historicisme étroit. Il éclaire les enjeux idéologiques, sociologiques, esthétiques d´un patrimoine artistique séculaire, et dégage les résonances vivifiantes qu´ils ont dans le paysage culturel d´aujourd´hui. L´exposé, accessible à un large public, n´en intéressera pas moins les spécialistes par l´originalité de la perspective, ainsi que par l´étendue et la précision de l´information.
14 x 21 cm, 128 pages
disponible sous 48 h
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